Página principal A CCR PROSARE Cobertura Temática Textos e Pesquisas
Ciclo de Debates
Links Contato
   
   

Accord entre le gouvernement brésilien et le Saint-Siège sur le point d´être voté à la Sénat.

La chambre basse est sur le point de voter l’approbation d’un accord entre l´Etat et le Saint-Siège, assurant plusieurs aspects de la situation de l’institution catholique dans le pays. Le document, signé par le président Luís Inácio Lula da Silva en novembre 2008, a été approuvé par la Chambre des députés le 26 août et transmis au Sénat.

Plusieurs organisations de la société civile ont déjá signalé leur opposition au concordat: pour en citer quelques uns, des représentants d’églises évangéliques, des mouvements de femmes, de noirs, d’athés, de défenseurs de l’enseignement laïque et l’Association des Magistrats Brésiliens.

Parmi les parlementaires, les favorables autant que les contraires au concordat sont pulvérisés entre les partis, dont aucun n’a adopté une position officiale sur le sujet.

D’autres pays (comme l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, le Portugal) en ont signé des accords similaires, mais dans de contextes historiques dictatoriaux, ne constituant point d’éxemple – seule la France se maintient comme reférence de laïcité. L’argument selon lequel “l’Etat est laïque, mais la nation est religieuse”, soutenu par les défenseurs de l’accord, n’a point d’appui, puisque le principe de laïcité implique la séparation entre Etat et Eglise, excluant donc l’imposition de religion majoritaire par l’Etat et assurant la libre manifestation de toutes religions, sans privilégier l’une ou l’autre.

Quoique l’accord touche à plusieurs sujets, comme le mariage, l’immunité fiscale pour entités ecclésiastiques, l’assistance spirituelle dans les prisons et hospitaux, la reconnaissance des diplômes académiques ecclésiastiques ou de la personnalité juridique des institutions prévues par les normes canoniques, il contient deux points polémiques, concernant l’éducation et le travail. Le concordat établit l’enseignement religieux – avec l’accent sur la religion catholique – dans les écoles publiques, tandis que la définition curriculaire est une attribution exclusive des systémes éducationnels, selon la Loi des Directives et Bases de L’Education Nationale. Quant aux droits du travail, l’accord prétend empêcher que cadres ou ex-cadres de l’Eglise Catholique puissent appeler aux tribunaux du travail au sujet de services prêtés à l’Eglise, en restreindant leurs droits assurés par la législation brésilienne du travail.

L’accord soulève plusieurs questions centrales à la démocratie, comme le pluralisme, la tolérance, les limites entre le public et le privé. Et il remet à la course actuelle des églises pour conquérer d’autant plus de fidèles, se disputant des stratégies de contrôle des médias. Avec l’accord, l’Eglise Catholique serait en train de se servir des ressources de l’Etat pour ses propres buts d’ampliation de son rayon d’influence.

     
Tecnologia e Internet